Conversation91390 -Travailler dans un endroit non pudique
Bonjour, Kavod HaRav,
Il ressort des décisionnaires que l’interdiction de regarder des femmes ne s’applique que lorsqu’il y a une intention d’en tirer du plaisir, et qu’il n’y a pas d’interdiction dans le simple fait de voir une femme.
Est-ce également le cas lorsqu’il s’agit de femmes habillées de manière non pudique ?
Par exemple, faut-il baisser les yeux lorsqu’on parle à une caissière qui n’est pas vêtue pudiquement ? Ou dans le cadre du travail ?
Cela pourrait être considéré comme impoli, et il y a peut-être aussi un risque de profanation du Nom divin (’Hilloul Hachem), etc.
Et suis-je tenu de quitter mon travail parce que des femmes non pudiques travaillent avec moi de façon permanente ?
Je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour limiter les interactions avec elles. Par exemple, je mange seul, j’essaie de ne leur parler que lorsque c’est nécessaire pour le travail, j’évite de regarder leur beauté, etc. Mais il est impossible d’éviter complètement les pensées inappropriées : elles viennent parfois automatiquement, et je m’efforce alors de détourner mon esprit de ces pensées.
(Il s’agit de la France, où il est difficile de trouver un emploi dans un environnement séparé, en dehors des institutions religieuses. Or, je ne souhaite pas travailler comme enseignant, même si j’en ai la possibilité.)
Chalom,
Vous soulevez plusieurs questions importantes qu'il convient de distinguer.
En effet, de nombreux décisionnaires expliquent que l'interdiction de regarder une femme concerne un regard intentionnel porté dans le but d'en retirer du plaisir, et non le simple fait de la voir dans le cadre de la vie courante (1)(2).
Cela reste vrai même si la femme n'est pas habillée de manière pudique. Lorsqu'une interaction est nécessaire, par exemple avec une caissière, une collègue ou dans le cadre d'un échange professionnel, il n'est pas demandé de baisser systématiquement les yeux au point d'empêcher une conversation normale. En revanche, il convient d'éviter de fixer son regard ou de s'attarder sur les parties du corps qu'il est interdit de regarder (3).
Si, malgré vous, des pensées inappropriées surviennent, cela ne signifie pas que vous avez fauté. Ce qui est demandé à l'homme est de ne pas les entretenir volontairement et de s'efforcer de détourner son esprit vers autre chose (4).
Concernant votre travail, le simple fait que des femmes non pudiques y travaillent ne vous oblige pas, en règle générale, à démissionner. Dans la société actuelle, notamment en France, il est souvent difficile d'éviter toute mixité professionnelle. Tant que vous veillez à préserver une attitude respectueuse, à limiter les échanges à ce qui est nécessaire et à rester vigilant quant à votre comportement, il n'y a pas lieu de considérer que vous devez quitter votre emploi.
Au vu de votre description, vous semblez déjà prendre les précautions raisonnables sans tomber dans des attitudes qui risqueraient d'être mal perçues ou de provoquer un 'Hilloul Hachem. Il faut chercher un juste équilibre : préserver sa sainteté tout en se comportant avec respect et dignité envers chacun.
Bivrakha.
Sources :
(1) Rambam, Hilkhot Issouré Bia 21:2.
(2) Choul'han Aroukh, Even HaEzer 21:1.
(3) Igrot Moché, Even HaEzer I, siman 56.
(4) Rambam, Hilkhot Issouré Bia 21:19.