Conversation92226 -Bjr

lionel007
Dimanche 6 septembre 2026 - 11:31

Dans certaines situations, quand quand j’ai ma kippa sur la tête, j’ai tendance à m’énerver beaucoup pour certaines raisons

Dans ces situations lorsque j’enlève la kippa de la tête, je ne m’énerve pas

Que dois-je faire garder ma kippa dans ces situations ou l’enlever et attendre que la situation passe pour ne pas avoir à m’énerver?

Nathaniel Zerbib
Lundi 7 septembre 2026 - 08:50

Chalom,

Votre question touche certes au domaine halakhique, mais relève davantage du domaine psychologique. N’étant pas spécialiste de cette dernière matière, je me garderai bien de donner un avis professionnel sur cet aspect. Je vais néanmoins essayer de répondre à votre question sur le plan halakhique, tout en tenant compte de la dimension psychologique qui semble ici avoir son importance.

Je pense qu'il faut justement éviter de faire de la kippa un déclencheur psychologique : « dès que j'ai ma kippa, je dois être quelqu'un qui ne s'énerve jamais ». La kippa est là pour rappeler la yirat Chamaïm, pas pour créer une pression qui vous fait perdre votre maîtrise. La Guemara rapporte d'ailleurs que le fait de couvrir la tête est lié à la conscience de la présence de la Chékhina au-dessus de nous (1).

En revanche, je ne vous conseillerais pas de prendre l'habitude d'enlever votre kippa dès que vous sentez monter la colère. Cela risquerait de créer progressivement l'association inverse : « pour réussir à me contrôler, je dois enlever ma kippa ».

Essayez plutôt de faire l'inverse : lorsque vous sentez la colère monter, prenez quelques secondes pour vous éloigner de la situation, respirer et ne pas répondre immédiatement. Vous pouvez même vous dire intérieurement : « Justement parce que j'ai ma kippa, je vais essayer de ne pas laisser cette colère me faire perdre le contrôle. »

Et si, dans une situation exceptionnelle, vous avez besoin de vous calmer et que vous retirez votre kippa, ne culpabilisez pas pour autant. Mais faites-en une solution ponctuelle, et non une règle.

La véritable victoire n'est pas de ne jamais ressentir de colère, mais d'apprendre progressivement à ne pas lui donner le contrôle de vos paroles et de vos actes.

Bivrakha.

Sources :

(1) Guemara Chabbat 156b ; Choul'han Aroukh, Ora'h 'Haïm 2:6.

(2) Voir également Rambam, Hilkhot De'ot 2:3, sur la gravité de la colère.