Conversation91367 -Pessah pour un couple sans enfant

Debo80
Samedi 28 mars 2026 - 22:57

Pessah est la fête de la transmission, et le haggada doit être racontée par les pères aux enfants 

Pour un couple qui n’a pas réussi à avoir d’enfants, quelle est le sens de l’obligation de lire la haggada ?

Est-ce que les règles sont différentes dans ce cas ?

Pessah casher vesameah 

Nathaniel Zerbib
Dimanche 29 mars 2026 - 21:52

Chalom,

Votre question est importante, et elle repose sur une compréhension à préciser. Certes, la Torah met l’accent sur la transmission aux enfants, comme on le voit dans les versets « והגדת לבנך », mais l’obligation de raconter la sortie d’Égypte ne dépend pas de la présence d’enfants.

La mitsva fondamentale est celle de sippour yetsiat Mitsrayim, c’est-à-dire raconter et revivre la sortie d’Égypte. Cette obligation incombe à chaque personne, même lorsqu’elle est seule. La guemara (Pessa’him 116a) est explicite : même quelqu’un qui est seul doit se poser des questions et se raconter à lui-même. Le Rambam (Hilkhoth ‘Hamets ouMatsa chap. 7) codifie également que même sans enfant, sans conjoint, la mitsva reste pleinement en vigueur.

Le rôle des enfants est d’ajouter une dimension particulière, celle de la pédagogie et de la transmission, mais ils ne sont pas la condition de la mitsva. En leur absence, la mitsva prend une autre forme : un travail personnel de mémoire, de réflexion et d’appropriation.

Il n’y a donc aucune différence dans les règles. Le texte de la Haggada se lit normalement, avec les mêmes étapes. Simplement, les questions peuvent être formulées par la personne elle-même, ou entre époux, et le récit prend une dimension plus intérieure.

On peut ajouter que la notion de « transmettre » ne se limite pas aux enfants biologiques. Elle inclut aussi le fait de transmettre à son entourage, à des invités, à des élèves, ou même de manière indirecte en perpétuant la tradition. Mais même en l’absence de toute possibilité de transmission concrète, la mitsva conserve tout son sens, car elle est avant tout un lien personnel avec l’histoire du peuple juif et avec la Emouna.

Bivrakha