Hanouka, fete ajoutee a la Torah?

MickaelOik
lun 19/12/2011 - 23:00
Chalom,

D.ieu nous dit dans la Tora qu'il est interdit d'ajouter/retirer à ses prescriptions, alors pourquoi prescrit on Hanouca, pourquoi ajoutons nous cette prescription ??
Emmanuel Bloch
mer 21/12/2011 - 06:38
Chalom,

Vous pouvez la meme question sur toute mitsva d'origine rabbinique (netilat yadayim, hallel, erouv, meguila, ...). Pour y repondre, il nous faut examiner les deux principales explications de l'interdiction de Baal Tossif (rajouter quelque chose a la Torah), celle du Rachba et celle du Rambam.

Le Rachba (cf. commentaire sur Roch Hachana 16a, "lamah tok'in"), c'est la Torah elle-meme qui donne le droit aux Sages de creer de nouvelles normes halakhiques. L'interdiction de Baal Tossif ne s'applique qu'a un individu, qui choisit de lui-meme, par exemple, de rajouter un cinquieme paragraphe dans ses tefillin, et non aux Sages d'Israel. Si vous preferez, le Rachba detecte une contradiction entre le commandement de suivre les Sages (Deuteronome 17:11) et l'interdiction de rajouter a la Torah (Deuteronome 4:2, 13:11), et sa reponse est de dire que le premier est une exception au second.

Le Rambam (Michne Torah, Hilkhot Mamrim 2:9) donne une interpretation completement differente. Selon lui, l'interdiction de rajouter a la Torah n'existe que si l'on essaie de donner au rajout le statut d'une loi de la Torah. A partir du moment ou il est clairement dit que la nouvelle loi est un derabannan, une loi d'origine rabbinique, au statut inferieur a celui de la Torah, il n'y a pas rajout interdit.

(En aparte, le Raavad critique assez fortement le Rambam ici - cf, les hassagot -, mais sa critique est difficilement comprehensible, ainsi que le remarque Maran Yossef Karo dans le Kessef Michneh. Il semble que le Raavad avait en fait un texte different du Rambam, selon le texte que nous avons sous les yeux, son probleme n'existe apparemment pas).

Selon les deux explications, celle du Rachba comme celle du Rambam, les Sages avaient parfaitement le droit d'instituer la fete de 'Hanouka.