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Enceinte à Kippour

Naomi06
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dim 25/09/2016 - 23:00

Grossesse et Jeûne de Kipour

Bonjour,
je suis enceinte de 4 mois et j'ai tendance à faire beaucoup d'infections lorsque je ne bois pas d'eau.

je sais que les jêunes du 9 av et de Kipour sont obligatoires pr les femmes enceintes, m'est il possible de boire un peu dans la journée ou pas du tt?

Merci kol Touv

Rav Sam Elikan
lun 26/09/2016 - 12:26

Shalom,
Veuillez consulter le moteur de recherche.
Voyez notamment la 78759 et la 78297.

Je vous joins ici les halah'ot (selon ce que j'ai reçu de mon maître le Rav N.E. Rabinovitch) :

Ci-joint quelques instructions pratiques pour le jeûne de Kippour, surtout pour les malades, femmes enceintes ou allaitant.

Il s’agit surtout de cas généraux et cela ne touche pas les grossesses à risque ou des cas particuliers où les médecins requièrent un traitement particulier, dans quel cas, si cela est bel et bien requis, il s’agit d’un commandement de manger (Sh. Ar. OH 618,1). Cela ne touche également pas les femmes qui viennent d’accoucher dans les 72 heures et les enfants de moins de 9 ans qui n’ont pas le droit de jeûner.

Bien entendu, chaque cas est particulier et par conséquent, cela ne saurait remplacer une question directe à un rabbin.
J’en profite pour encourager les gens à ne pas attendre le dernier moment pour appeler leur rabbin…

***

Personnes en bonne santé :
1. Le jeûne est un commandement de la Torah, ainsi il est plus important que les prières. Par conséquent, il vaut mieux renoncer aux prières afin de pouvoir jeûner, si c’est soit l’un soit l’autre (1).

2. Les femmes et les hommes sont astreints à jeûner de la même manière, ainsi si dans une famille, où la femme s’occupe des enfants, la garde des enfants engendrera que la femme doive boire, il vaut mieux que le mari reste à la maison et prie seul, en aidant à s’occuper des enfants afin que se femme ne doive pas boire (2).

3. Quiconque mange un aliment à Yom Kippour - peu importe la mesure - transgresse un commandement de la Torah.
Et si quiconque mange, volontairement, la mesure d’un grande date (“kotevet hagassa” - soit entre 32 et 40 cm3), en un temps commun (“ah’ilat prass” - soit entre 4 et 9 minutes), celui-ci est passible de retranchement.

4. Quiconque mange moins que ces mesures (léshiourim), volontairement alors que son état de santé est parfait, ou mange quelque chose qui n’est pas comestible a priori - trangresse un interdit de la Torah, mais n’est pas passible de retranchement (3). Dans ce cas, même le fait de goûter, sans avaler est interdit (4).

5. A Yom Kippour il est interdit de boire a priori, même une petite quantité, toutefois, seulement si l’on boit la quantité que notre bouche peut contenir, soit nos deux joues emplies, l’on est passible de retranchement (5). Toutes les boissons s’accumulent à cette mesure. La définition de boisson est toute chose plus ou moins liquide que l’on ne doit pas mâcher. La nourriture et la boisson ne s’accumulent pas.

***

Malades dont la vie n’est pas en danger, femmes enceintes et allaitantes :

6. De manière générale, il faut vérifier à l’avance les différentes lois en fonction de l’état dans lequel on se trouve, et de la même manière qu’on ne peut être “mekel”, moins transigeant, sans savoir, on n’a pas le droit d’être plus strict, “mah’mir”, sans connaissance. En un cas de doute le jour de Kippour même - il faut boire et ne pas se mettre en danger.

7. Concernant les femmes enceintes et allaitantes, il existe plusieurs avis. Ce qui suit est basé sur les propos du Rav N. E. Rabinovitch (6):
a. Une femme enceinte dès la 20ème semaine, y compris le neuvième mois - boit “leshiourim” (expliqué plus bas), dès le début du jeûne.
b. Une femme enceinte avant la 20ème semaine qui a commencé à jeûner et ne se sent pas bien, ou a des vomissements - boit “leshiourim”.
c. Une femme qui allaite (même partiellement) - boit “leshiourim” dès le début du jeûne, afin que la production de lait ne cesse pas (7).
d. Travail, perte des eaux ou saignement - boit sans limites.
e. Si dans tous ces cas la boisson ne suffit pas, il sera permis de manger, mais également dans les limites, “leshiourim”.

8. Il est préférable dans ces cas où il est permis de boire, de consommer une boisson nourrissante, sucrée, tel du jus naturel ou du lait par exemple (8).

9. “LéShiourim” -
a. la mesure de la boisson est, a priori, personnelle. Pour la mesurer on remplira toute la bouche, avant l’entrée du jeûne avec de l’eau - la moitié de cette quantité est considérée comme “boisson leshiourim”.
b. Quiconque n’a pas effectué cette vérification et mesure prendra la mesure “moyenne”, soit 40 cm3.
c. Il existe plusieurs avis sur le temps à attendre entre une gorgée et une autre:
i. Selon certains 9 minutes (9).
ii. Selon d’autres 6 minutes (10).
iii. Selon d’aucuns 4 minutes (11).
iv. En cas de besoin, certains préconisent 2 minutes (12).
v. Et d’autres ½ minute, soit 30 secondes (13).
d. A priori, on attendra le temps le plus long, mais en cas de besoin, si ça devient difficile, on pourra s’appuyer sur les avis moins astreignants.
e. Pour la nourriture - la mesure maximum à consommer est de 30 cm3, ce qui correspond généralement à 30 grammes, toutes les 9 minutes.

10. Lorsque l’on mange “leshiourim”, on récite la bénédiction avant la consommation, mais pas après.

11. Lorsqu’il n’y a plus besoin de boire “leshiourim”, il faudra arrêter de boire, puisque chaque boisson est un nouvel acte ; selon la halah’a on ne considère pas, à Kippour, que le jeûne a été “cassé”, l’obligation de jeûner persiste si on est en bon état de santé.

12. Si l’on n’a pas besoin de manger, on se contentera de boire.

13. En cas de besoin, on peut boire puis manger sans attendre et inversement, parce que les quantités de boisson et de nourriture, comme dit plus haut, ne se cumulent pas (14).

Douche à Kippour
14. S’il y a besoin de prendre une douche pour se sentir mieux - ceci est permis pour les malades qui ne sont pas en danger (“h’olé she’ein bo sakana” - 15) et a fortiori aux femmes enceintes (16).

Quiconque devra manger à Kippour, pourra réciter la prière suivante (17) :

"הנני מוכנה ומזומנה לקיים מצוות אכילה ושתיה ביום הכיפורים, כמו שכתבת בתורתך: 'ושמרתם את חוקותי ואת משפטי אשר יעשה אותם האדם וחי בהם אני ה'", ובזכות קיום מצוה זו, [הוספה להריונית: תזכני בהריון בריא] תחתום אותי ואת משפחתי לחיים טובים, ואת כל חולי עמך ישראל לרפואה שלימה, ואזכה ביום הכיפורים הבא לקיים שוב 'ועניתם את נפשותיכם', כן יהי רצון, אמן".

Notes :
(1) cf. TB Rosh HaShana 34b et comm.
(2) Argument simple et rapporté par plusieurs rabbins, dont le Rav Yossef Zvi Rimon.
(3) Mishna Beroura 612,9.
(4) Sh. Ar. OH 567,1.
(5) Sh. Ar. OH 612,9.
(6) resp. Siah’ Nah’oum, §36.
(7) cf. encore resp. H’atam Sofer VI,23 au nom du Dvar Shemouel; H’azon Ish OH 59 s.k. 3,4 et aujourd’hui que nous connaissons la valeur médicale du lait maternel, cela est d’autant plus important - ainsi tranche également le Rav Avigdor Neventzhal au nom du Rav Sh. Z. Auerbach, cf. Mikraei Kodesh (Harrari), chap. 9, al. 15.
(8) Bien qu’on puisse aussi boire de l’eau... Cf. resp. Yabia Omer II,31; et l’opinion du Rav Sh. Z. Auerbach rapporté dans Nishmat Avraham OH 612, s.k. 1.
(9) Mishna Beroura 618, 21 selon le H’atam Sofer.
(10) Arouh’ HaShoulh’an OH 618,14.
(11) cf. Shiourei Torah, p. 203-204.
(12) resp. H’atam Sofer VI,23.
(13) C’est l’avis du Rav Rabinovitch basé sur le Rambam qui parle du temps de boire une “revi’it”, ce qui correspond en moyenne à 30 secondes.
(14) Sh. Ar. OH 612,2 et Mishna Beroura 618,21.
(15) Cela comprend: toute personne qui a dû se coucher à cause de sa maladie, quiconque a de la fièvre, quiconque sent une faiblesse dans tout son corps ou a une migraine, toute personne pouvant avoir une complication dans une maladie chronique - tel l’asthme, le diabète, maladie cardiaque, etc., quiconque aurait un membre du corps “malade”, quelqu’un souffrant de conjoncitvite, femme ayant accouché dès le 8ème jour après la naissance, jusqu’au 30ème, un petit enfant - nous avons suivi ici le Chemirat Chabat Kehilh’ata, chap. 33, “Dinei H’ole She’ein Bo Sakana” et cf. les sources rapportées là-bas pour chacun des cas.
(16) Rema OH 613,9; Mishna Beroura et Sha’ar HaTzioun, ad loc.; Arouh’ HaShoulh’an OH id. 9.
(17) Rapporté dans le livre Torat HaYoledet 52,10.